Le rituel annuel du WE commençait mal. En effet, durant toute la semaine la météo nous laissait présager un peu d’humidité et point de
poussière. Une fois de plus nous avons été épargné, une adhérence de folie, une température parfaite, dans la lignée des années précédentes.
Le départ était donné de St Côme, deux groupes de 9 étaient constitués, le deuxième roulant sur les traces du premier et équipé pour l’occasion d’une technologie HighTech de géolocalisation et
cartographie numérique, sur trois motos, Alain, Daniel A et Daniel D. Au top, même si les guides paraissaient un peu stressés. Un test grandeur nature pour d’autres aventures, côté matos comme
vous le constatez nickel, côté casting, un bon paquet de râleurs et de tricheurs du côté du groupes numéro 2. Mais attendez donc un peu la suite… Et faites vous votre propre avis.
L’assistance, digne successeur du fourgon de Patrice, Fernand avait pris le volant . Un timing parfait sauf côté rangement ou
l’ancienne et la nouvelle assistance peuvent être mises à défaut, bagages et Jerrycan en vrac. Sur le parking, quelques épouses le mouchoir à la
main, soucieuses… elles avaient fait le déplacement au péril des enfants laissés sans surveillance au milieu de la carrière. Mais bon le moment était mal choisi pour faire des remontrances, car
elles nous laissaient partir, comme tous les ans…
Premier problème !!! comment confier l’ustensile de balisage à René…il trouve enfin une poche.
Premiers chemins, premiers sourires sous les casques, et de nouvelles traces pour éviter
la piste du tour du lac… Eh oui, il y en a encore de nouveaux, et de très beaux cheminssous les châtaignerais.
Premier CP à St Geniez, à peine le temps de béquiller la moto, l’assistance est là suivie de très près du deuxième groupe. Le
dispositif est donc fiable, mais j’avoue que notre arrière pensée est bien de les paumer à un moment ou un autre…Patience…
Le fin fond de l’Aveyron, les pierres deviennent rouges, le paysage change, de la vallée du lot on remonte sur le causse. Et du
nouveau encore du nouveau, les buis chargée d’eau des orages de la nuit et nous voilà à prendre le cap vers la Lozère. Un dilem… rester sur les traces du GPS ou partir explorer un petit chemin
sur la droite, il y a de l’OGM dans l’air, les ronces deviennent métalliques, à force de souplesse nous voilà sur le bon chemin. Les ouvreurs au GPS ne mangeront pas à l’heure, bien fait. Les
avis divergent, à droite, non à gauche, il y a des traces mais le pointeur indique l’opposé, perdus nous sommes perdus.
L'arrivée à Cadoule, la banderole MNO est déjà déployée, la table est dressée, le porto, les farçous et un rayon de soleil…Joël est
équipé pour rouler l’après-midi, depuis le temps qu’on lui parle de ce tracé, il va en avoir plein les yeux. Mais repartir ne ce fait pas immédiatement, il nous faut réveiller ceux qui avaient
attaquer la sieste.
Le 1er groupe est reparti, direction Ste Enimie, au détour d’une épingle, la vision sur le village est toujours aussi
plaisante. Une petite pause au bord du Tarn, et déjà l’arrière garde arrive, si cela continue il vont nous doubler. Il ne font plus du tout confiance à nos traces, mais uniquement au
GPS.
Attention au mouflon au milieu du sentier, les vautours lui ont réglé son compte. Et ce qui devait arriver, arriva… les groupes se
sont inversés, ou plus exactement, le groupe 2 a triché, avide et sans esprit de camaraderie… mais tout n’est pas fini et leur excès de zèle les rattrapera dans la boucle du lendemain
matin.
Une petite remontée dans les épingles et nous voilà arrivés au bivouac, un bivouac en dur, au pays des cailloux.
Les motos remisées sous une arche, nous prenons possession de la bergerie pour quitter nos harnachements et rajouter un peu d’odeur au lieu en question. Tient le camion aussi à une drôle d’odeur,
un jerrican çà se bouche, hein…
Bizarre le deuxième groupe arrive en poussant leurs motos depuis la route sur le conseil de votre serviteur, ils ne sont pas en panne, mais une petite vengeance pour cause de nous avoir doublé
était de rigueur.
Perception des chambres, ou des cellules devrais-je dire, quelques sœurs amatrices de belles mécaniques partageaient notre humble
demeure, le pavillon des Lionceaux. Ces dernières voulaient admirer nos machines (GasGas, Yamaha, Honda, Beta et autres KTM). Effectivement une minorité d’enduristes ici présents pouvaient
prétendre à une physionomie de moines, côté profil mais pas de moralité. Nous commençâmes donc notre « retraite » par un doux breuvage fruité, inspiré des coutumes insulaire loin des
causses et plus sous les cocotiers. Hormis que Jean-Luc n’avait pas pris la peine de faire les courses en respectant scrupuleusement la liste fournie à cet usage, nous parvînmes à faire le
cocktail. Après avoir cassés de la glace, touillé et gouté le mélange, nous étions prêts.
Puis tout s’enchaine avec frénésie, quelques flash, un autre groupe plus bruyant que nous (si, si !!!) et une lueur : frère Daniel (les Portugais des caves de Porto comprendront)
déversa sa cuvée perso d’Armagnac dans nos verres. Et puis le trou noir, l’ornière, la fatigue de la journée, la perte de réception GPS…
Au petit matin, nous aurions pu nous attendre à un réveil par un Cocorico
pur Patrice, mais que nenni.. tout le monde afficha une mine fraiche en parfaire harmonie avec les promesses de la veille promulguée à nos douce et tendre :
« tu peux mettre du gaz, mais doucement sur la conso, va me faire
péter la taxe carbone… » « Oui milady, tout ce que tu veux, mais laisses moi partir, embrasse les enfants !!! »
Maintenant que nous nous sommes rachetés une conduite, reprenons le déroulement du WE. Brieffing du matin, ravitaillo essence,
déconnade avec des chasseurs « chez moi c’est chez moi », et rendez-vous à Fenaille, hein les gars, Fenaille, après l’A75.
Pistes en sable, appuis à souhait, petits rochers, jeune randonneuse, paysages sublimes, nous arrivons au hameau de Beth. Nous passons
sous la voute du mas, prenons un petit chemin à flanc de falaise, on domine le Lévézou, c’est beau mais haut. Celui là j’en suis fiers il m’a donné du mal pour le trouver. Le number one sans
hésitation.
Nous avons croisé plus de gibiers que de chasseurs, parce-qu’il y a « le bon chasseur et le mauvais
chasseur », le point commun avec les enduristes c’est que les uns comme les autres sommes en orange à la mode KTM, the style.
Bref, arrivés à Fenaille, pas de Fernand sur le tracé, « Jojo, va chercher Don Diego, la table doit être dressée quelque
part… » le fourgon était un peu plus loin, dans la peur de perdre le deuxième groupe, qui nous lâche pas les basques depuis la veille, nous faisons de notre mieux : non pas une flèche,
pas deux flèches, mesdames, mesdemoiselles, messieurs mais trois flèches !!! d'un beau rose fluo...
Trois flèches, çà veut dire quoi ? çà veut dire gaffe, on est là un peu plus loin !!! Pas du tout, 3 flèches, çà veut dire
qu’il y a un piège…et faut en faire qu’à sa tête.
Après 1 à 2 heures d’attente, de forfaits mobiles explosés, de pleurs, de saucisses sèches, nous commençâmes à
douter.
Gagné !!! ils sont bien repassés devant, mais pas dans le bon sens… bref dans du mono pistes étroits, pentus… et où le demi tour devient hasardeux. La tête dans le GPS, ils n’ont rien vu du
paysage, pire que des Parisiens (là l’auteur, y va un peu fort, il faudra un peu plus de retenue….ok pas des Parisiens… mais quand même)
Têtus, tricheurs, de mauvaises foi et légèrement épuisés par les épaulés jetés de leur monture. Ils étaient là, face à nous, le regard
vitreux, ébahis. Et là nous les avons sauvé, de justesse, mais sauvé… L’heure du casse-croûte avait sonné, ils auraient pu nous laisser leur part de farçous, mais c’est bien mal les
connaître.
Le retour s’effectua par un petit crochet à Séverac pour cause de ravitaillo, car les jerrycan se vide tout seul dans le camion. Nous
avons regagné St Côme par de larges pistes et les singles track de Lassout.
Un beau WE, sans engueulades contrairement à ce que vous auriez pu interpréter, où nous nous sommes régalés de rouler au milieu de
paysages toujours aussi magnifiques. Un grand merci à l’assistance, à toute l’intendance (les courses, le fourgon, les victuailles, l’idée des bonbons…) et plus particulièrement à Fernand qui n’a
pas roulé.
(voir l'album photo)